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Et vous la taxe à 50$?

Et vous la taxe à 50$?

Le 20 juin dernier, le Conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a voté à la majorité des voix exprimées, soit 25 voix contre 1, un règlement visant à étendre la taxe de 50$ sur l’immatriculation des véhicules de promenade à l’ensemble des automobilistes de son territoire pour le financement du transport en commun. Seul le maire de Boucherville, Jean Martel, a inscrit sa dissidence lors du vote.

Notez que les 800 000 propriétaires de véhicules de promenade des 16 municipalités de l’île de Montréal paient déjà cette taxe depuis 2011. En 2018, 35 millions $ ont été récoltés à Montréal via cette surtaxe. En étendant celle-ci à l’ensemble des 82 municipalités de la région métropolitaine de Montréal, la nouvelle taxe permettrait de récolter 100 millions de dollars additionnels par année et contribuerait à augmenter l’offre en matière de transport en commun dans la région métropolitaine, selon la présidente du conseil et mairesse de Montréal, Valérie Plante. Pour cette dernière, «de nouvelles sources [de revenu] sont nécessaires pour couvrir les coûts croissants d’entretien et de développement des réseaux de transport collectif».

Nous sommes favorables au transport en commun

Lorsqu’interrogés, les citoyens identifient à hauteur de 68 % le transport collectif comme une solution à la réduction de la congestion routière, des temps de déplacement et des émissions des gaz à effet de serre (GES), ce dernier demeure pour l’instant le principal responsable du réchauffement climatique.

De notre côté, on reconnaît l’importance de bien financer le transport en commun sur notre territoire, un élément essentiel pour soutenir les objectifs de réduction des GES et participer au développement économique. Mais malheureusement pour nous, cette nouvelle taxe ne contribuera pas à diminuer la quote-part que la Ville doit payer à l’Agglomération et à l’ARTM pour le financement du transport en commun : c’est d’ailleurs le poste budgétaire qui exerce la plus forte pression à la hausse sur nos dépenses.

Une nouvelle taxe n’est jamais une bonne nouvelle pour des contribuables déjà lourdement taxés. Mais les besoins d’investissement en matière de transport en commun au cours des 10 prochaines années commandent des investissements importants.

À la recherche de nouvelles sources de financement

La commission des transports de la CMM estimait dans son rapport de février 2019, que le cadre financier métropolitain augmentera de 2,9 à 5,7 milliards $ de 2018 à 2028, alors que la contribution municipale passera de 0,9 à 2 milliards $, soit une croissance annuelle moyenne de 8,3 %. C’est donc dire que pour soutenir la croissance des dépenses, tout le monde sera davantage mis à contribution dans les prochaines années.

Dans ce contexte, on peut comprendre que cette décision du conseil de la CMM provoque la colère des citoyens. Certains l’ont exprimée en lançant une pétition «demandant l’annulation de la nouvelle taxe annuelle de 50 $ imposés aux citoyens de la Rive-Sud et de la Rive-Nord, lors du renouvellement de leur immatriculation».

Parmi les sources additionnelles de financement qui ont été explorées par la Commission, citons: la taxe sur l’immatriculation de 97 $ à 108 $ de 2021 à 2028; la taxe sur les stationnements potentiels à déterminer selon la façon de l’appliquer; et, la tarification sur les réseaux routiers (péages ou taxe kilométrique) qui pourrait générer de 600 à 800 millions $ en 2028.

Le rapport de la commission des transports de la CMM juge que l’implantation d’une tarification routière est jugée impossible à réaliser pour l’instant en l’absence d’une véritable option pour les automobilistes. Celle-ci passerait d’abord par une bonification de services de transport en commun. Une chose à laquelle nous pouvons tous être en accord.

Xavier Léger